Résumé : Le traitement des chenilles processionnaires combine piégeage mécanique, traitement biologique au Bacillus thuringiensis et échenillage, avec plus de 4 000 signalements recensés en France en 2025.
Chaque année, les chenilles processionnaires du pin et du chêne gagnent du terrain en France. Classées nuisibles depuis avril 2022 par décret, ces larves de papillons de nuit prolifèrent au point de menacer la santé humaine et de provoquer la défoliation des arbres qu’elles colonisent. À Toulouse et dans toute la région Occitanie, la présence massive de pins rend le phénomène particulièrement préoccupant.
Face à cette menace sanitaire croissante, comprendre les différentes méthodes de traitement des chenilles processionnaires est essentiel. Des solutions biologiques aux interventions mécaniques, plusieurs approches complémentaires permettent de protéger votre environnement, vos proches et vos animaux de compagnie.
Pourquoi les chenilles processionnaires représentent un danger croissant

Il existe deux espèces en France ayant un impact sur la santé humaine : la chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) et la processionnaire du chêne (T. processionea). Leurs poils urticants microscopiques contiennent une protéine toxique, la thaumétopoéine, responsable de réactions inflammatoires cutanées, oculaires et respiratoires parfois graves.
Les symptômes chez l’homme vont de l’urticaire intense aux difficultés respiratoires. Chez les animaux domestiques, notamment les chiens, un simple contact avec la langue peut provoquer une nécrose des tissus buccaux nécessitant une intervention vétérinaire d’urgence. Pour mieux comprendre ces risques, consultez notre page sur la chenille urticante : dangers et précautions.
La chenille processionnaire du pin s’est d’abord développée dans les forêts de conifères des régions atlantique et méditerranéenne, mais les hivers de moins en moins rigoureux ont permis sa remontée sur tout le territoire. L’espèce étend son implantation vers le nord-est depuis les années 1960 et progresse vers le nord depuis 2010, en raison du changement climatique. Cette expansion rend la lutte d’autant plus nécessaire dans les zones urbaines et périurbaines.
Le cycle de vie : comprendre pour mieux traiter
Avant d’agir, il est indispensable de connaître le cycle biologique de la processionnaire du pin. Chaque étape du développement offre une fenêtre d’intervention spécifique, et une action mal synchronisée sera peu efficace.
De juillet à septembre, les papillons adultes émergent du sol, s’accouplent et les femelles pondent entre 150 et 300 œufs sous forme de manchons compacts autour des aiguilles de pin. Après éclosion fin été, les larves se regroupent et tissent des nids de soie collectifs, visibles en bout de branches dès l’automne. Ces nids fonctionnent comme des serres thermiques permettant aux chenilles de survivre tout l’hiver.
Les expositions aux processionnaires du pin sont observées de janvier à mai, avec un pic en mars. C’est durant cette période que les chenilles quittent leur nid en procession pour s’enfouir dans le sol. Le pic de signalements est observé au mois de mars pour la processionnaire du pin. C’est aussi la période la plus dangereuse pour les habitants et les animaux. Pour savoir exactement quand vous préparer, consultez notre article sur les processions de chenilles : quand ça commence.
Le traitement biologique au Bacillus thuringiensis
Le Bacillus thuringiensis var. kurstaki (Btk) constitue le traitement de référence utilisable en agriculture biologique contre les chenilles processionnaires. Cette bactérie naturelle agit par ingestion : une fois pulvérisée sur le feuillage des arbres infestés, elle est consommée par les chenilles qui cessent de s’alimenter et meurent en quelques jours.
Pour être efficace, ce traitement doit être appliqué au bon moment, idéalement lorsque les chenilles sont aux premiers stades larvaires (L1 à L3), soit environ un mois après les premières captures dans les pièges à phéromones. Des recherches menées par l’INRAE ont permis de développer des solutions de biocontrôle en s’appuyant sur une meilleure connaissance de la biologie de l’espèce, contribuant à l’optimisation des différents outils de lutte.
La pulvérisation se fait généralement à partir du sol au mois de mai pour la processionnaire du chêne, mais les fenêtres d’application varient selon l’espèce et la région. Il convient toutefois de noter que ce traitement n’est pas totalement sélectif : d’autres espèces de lépidoptères peuvent être affectées. Son usage doit donc rester raisonné et ciblé.
Les méthodes mécaniques de lutte

Plusieurs dispositifs mécaniques complètent efficacement le traitement biologique. Leur combinaison est recommandée pour une protection optimale.
L’échenillage ou destruction des nids
L’échenillage consiste à prélever et détruire manuellement les nids accrochés aux branches des arbres infestés. Cette opération nécessite un équipement de protection individuelle complet (combinaison, gants, masque respiratoire, lunettes) et doit être réalisée de préférence par des professionnels. Le risque de dispersion des poils urticants lors de la manipulation est en effet élevé.
Le piège à collier (écopiège)
Installé autour du tronc du pin, le piège à collier intercepte les chenilles lors de leur descente vers le sol. Une collerette les bloque et les dirige vers un sac collecteur contenant de la terre, où elles effectuent leur nymphose en toute sécurité. Ce dispositif, posé entre janvier et mars (parfois dès octobre en climat doux), offre une efficacité remarquable sans aucun produit chimique.
Le piège à phéromones
Le piège à phéromones cible les papillons mâles adultes durant la période de vol (juin à septembre). En imitant l’odeur sexuelle émise par les femelles, il attire et capture les mâles, réduisant ainsi le nombre d’accouplements et de pontes. Il sert également d’outil de surveillance pour évaluer l’importance de la population et déclencher les traitements au bon moment.
La lutte intégrée : combiner les méthodes pour une efficacité maximale
Aucune méthode seule ne suffit à éliminer durablement les chenilles processionnaires. En 2022, les processionnaires du pin et du chêne ont été classées espèces dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine dans le code de la santé publique. Cette classification souligne l’importance d’une stratégie de lutte intégrée combinant plusieurs approches.
Selon l’Observatoire des chenilles processionnaires de FREDON France, de nombreux acteurs sont concernés par cette problématique : scientifiques, forestiers, vétérinaires, médecins, collectivités territoriales et gestionnaires de milieux. Cette mobilisation collective témoigne de la complexité du phénomène.
Une approche efficace repose sur un calendrier précis :
- Été (juin à septembre) : installation des pièges à phéromones pour capturer les papillons mâles et surveiller les populations.
- Automne (octobre à décembre) : pulvérisation de Btk sur les jeunes larves ; pose des pièges à collier sur les troncs.
- Hiver (janvier à mars) : échenillage des nids visibles ; vérification des pièges à collier.
- Printemps (mars à mai) : surveillance des processions ; destruction des chrysalides enfouies dans le sol si nécessaire.
Favoriser les prédateurs naturels
La régulation naturelle représente un complément écologique précieux aux méthodes de traitement. Parmi les prédateurs les plus efficaces, les mésanges (charbonnière et bleue) se distinguent par leur appétit pour les chenilles processionnaires : une seule famille de mésanges peut consommer plusieurs centaines de chenilles par saison.
L’installation de nichoirs dans les zones infestées contribue à maintenir une population d’oiseaux insectivores suffisante. D’autres auxiliaires participent à la régulation : les chauves-souris (prédatrices des papillons nocturnes), certains coléoptères et les coucous gris.
La gestion paysagère constitue également un levier préventif. Diversifier les essences plantées en évitant les monocultures de pins réduit les risques d’infestation massive. Dans certains cas extrêmes, l’abattage d’arbres fréquemment colonisés peut être envisagé, sous réserve d’une autorisation préalable selon la réglementation en vigueur.
Pourquoi faire appel à un professionnel à Toulouse
Pour la première année de lancement, la plateforme de signalement de chenilles processionnaires a enregistré plus de 4 000 signalements en France, selon le bilan 2025 de la plateforme nationale de signalement. La majorité des signalements est effectuée à proximité des habitations et des jardins, ce qui s’explique par le fait que les usagers déclarent principalement la présence de chenilles lorsqu’elles les impactent directement dans leur environnement immédiat.
Intervenir soi-même sur des nids de chenilles processionnaires comporte des risques sérieux. L’Anses, en collaboration avec les centres antipoison, a analysé les cas d’exposition enregistrés entre 2012 et 2019, confirmant la nécessité de précautions strictes. Le port d’un équipement de protection complet est indispensable, et des cas d’électrocution ont même été signalés lors de l’utilisation d’échenilloirs à proximité de lignes électriques.
Faire appel à notre équipe spécialisée en désinsectisation professionnelle garantit une intervention sécurisée, rapide et adaptée à votre situation. Notre expérience de plus de 40 ans dans la région toulousaine nous permet d’évaluer précisément le niveau d’infestation et de choisir la combinaison de traitements la plus appropriée. Vous pouvez également consulter un exemple d’intervention contre les chenilles processionnaires pour découvrir notre approche concrète sur le terrain.
Tableau comparatif des principales méthodes de traitement
| Méthode | Période d’application | Efficacité | Sélectivité |
|---|---|---|---|
| Bacillus thuringiensis (Btk) | Automne (stades larvaires jeunes) | Élevée sur jeunes larves | Moyenne (touche d’autres lépidoptères) |
| Piège à collier (écopiège) | Octobre à mars | Très élevée (proche de 100 %) | Totale (cible uniquement les processionnaires) |
| Piège à phéromones | Juin à septembre | Modérée (surveillance + réduction) | Totale |
| Échenillage professionnel | Hiver | Élevée (destruction directe) | Totale |
| Intervention Guêpe Buster (lutte intégrée) | Toute l’année selon le cycle | Optimale (combinaison de méthodes) | Adaptée à chaque situation |
Conclusion
Le traitement des chenilles processionnaires exige une approche méthodique, combinant traitement biologique au Bacillus thuringiensis, piégeage mécanique et favorisation des prédateurs naturels. Avec plus de 4 000 signalements enregistrés en France dès la première année de la plateforme nationale, l’ampleur du phénomène ne faiblit pas, surtout dans les régions du sud comme Toulouse où les pins sont omniprésents.
Ne pas agir, c’est s’exposer à des risques sanitaires réels pour votre famille, vos animaux et votre voisinage. La clé réside dans une intervention précoce, réalisée au bon moment du cycle biologique, avec les bons outils et les protections adéquates. Forts de plus de 40 ans d’expérience et d’une direction assurée par un ancien sapeur-pompier, nous garantissons des interventions rapides, sécurisées et conformes aux normes en vigueur à Toulouse et dans toute la région. Pour protéger efficacement votre environnement, contactez notre équipe spécialisée dans le traitement des chenilles processionnaires du pin dès les premiers signes d’infestation.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure période pour traiter les chenilles processionnaires ?
La période idéale dépend de la méthode choisie. Le traitement au Bacillus thuringiensis est plus efficace à l’automne sur les jeunes larves. Les pièges à collier se posent entre octobre et mars. Pour une stratégie complète et adaptée à votre calendrier, notre équipe intervient toute l’année en fonction du stade du cycle biologique.
Le traitement des chenilles processionnaires est-il dangereux pour les autres insectes ?
Le Bacillus thuringiensis peut affecter d’autres espèces de lépidoptères (papillons). C’est pourquoi son usage doit être ciblé et raisonné. Les méthodes mécaniques (piège à collier, échenillage) sont totalement sélectives et n’impactent aucune autre espèce.
Peut-on traiter soi-même les chenilles processionnaires ?
C’est fortement déconseillé sans équipement de protection adéquat. Les poils urticants provoquent des réactions allergiques sévères et restent actifs longtemps dans l’environnement. Notre entreprise spécialisée en extermination de nuisibles dispose du matériel et de l’expertise nécessaires pour intervenir en toute sécurité.
